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Coupes & compétitions

Coupe de France : ASE, pourquoi l’ombre du Nouste Camp plane encore sur les Verts

Le Pau FC et l'ASSE ne se sont plus croisés en Coupe depuis 2020. Mais à l'approche des 32es, le souvenir du match revient. Voici ce qui se joue vraiment pour les deux clubs.

PAR ROMAIN LASSERRE · PUBLIÉ · 7 min
Rubrique
Coupes & compétitions
Durée
7 min
Publié
04.01.26
Statut
Nouveau
Joueurs de Pau et de Saint-Étienne au duel lors du match de Coupe de France 2020
JOUEURS DE PAU ET DE SAINT-ÉTIENNE AU DUEL LORS DU MATCH DE COUPE DE FRANCE 2020

Quand le tirage au sort des 32es de finale est tombé ce début janvier, le premier réflexe de beaucoup de supporters palois n’a pas été de regarder l’adversaire direct. Plutôt de vérifier si l’ASEE était encore en lice, et si un chemin pouvait ramener les Verts au Nouste Camp. Cinq ans ont passé depuis ce soir de janvier 2020 où le Pau FC, alors en National, a sorti Saint-Étienne de la Coupe de France. Pourtant, le souvenir reste aussi vif que la première gorgée de Jurançon glacé après un derby gagné.

À l’époque, personne ne donnait cher du club béarnais face à une équipe de Ligue 1 qui alignait des internationaux. Score final : 3-2. Buts palois de Sabaly, Bayard et Name. Ce match, le plus grand exploit de l’histoire récente du Pau FC en Coupe, a ancré une idée : le Nouste Camp peut faire vaciller n’importe qui, surtout quand la Coupe de France s’en mêle.

!Action du match Pau-ASEE avec un joueur palois célébrant un but

Ce que ce match a changé dans la perception du Pau FC

Avant 2020, le Pau FC, c’était surtout un club de National qui découvrait le professionnalisme. Après, c’est devenu une référence régionale capable de rivaliser avec des cadors. Le match contre l’ASEE a fait basculer la crédibilité du projet : tout à coup, des agents acceptaient de placer des jeunes prometteurs en prêt sec dans le Béarn, persuadés que l’exposition serait bonne.

Pour les Palois, ce match n’est pas une anomalie qu’on ressort les soirs de nostalgie. C’est un marqueur. Les joueurs qui l’ont vécu, ou qui ont intégré le club après, savent que la Coupe n’est pas une distraction. Elle sert à prouver que le club peut faire mieux que son classement en Ligue 2. Et pour le centre de formation, c’est le genre de soirée qui donne envie aux gamins du coin de rester plutôt que de filer vers Toulouse ou Bordeaux.

L’ASEE et la Coupe : une pression qui ne dit pas son nom

Côté stéphanois, la situation est inverse. Depuis le retour en Ligue 1, l’ASEE est attendue sur tous les fronts. Le championnat, évidemment, mais la Coupe a pris une dimension particulière. Elle est devenue ce trophée qui permettrait de renouer avec un passé glorieux sans avoir à jouer le top 5 en Ligue 1.

Sauf que, de l’aveu même des observateurs, l’ASEE n’a jamais vraiment su gérer la profondeur d’effectif pour enchaîner les tours. Entre trêves internationales, blessures et mercato hivernal, aligner une équipe cohérente en Coupe relève souvent du casse-tête. Le résultat : des éliminations contre des clubs de division inférieure, ou des sorties poussives qui laissent des traces dans la confiance du groupe.

Le danger, pour l’ASEE, c’est que la Coupe devienne un poids plus qu’un objectif. Quand on est un club historique, chaque match contre un “petit” est un piège médiatique. Un faux pas, et c’est le procès. Les supporters se souviennent encore de la déroute au Nouste Camp, et la direction le sait. C’est précisément ce qui rend un hypothétique Pau-ASEE si électrique.

Pourquoi le Pau FC mise autant sur la Coupe, chaque année

À Pau, la Coupe de France est un des rares leviers pour exister au-delà des colonnes de Ligue 2. Le club n’a pas les moyens financiers de jouer la montée tous les ans, et le maintien reste l’objectif central. Mais la Coupe peut donner une visibilité que même une saison correcte en championnat n’apporte pas.

On l’a vu avec les affluences au Nouste Camp : les matchs de Coupe attirent des curieux qui ne viendraient jamais pour un Pau-Grenoble un mardi soir. La billetterie explose, le parcage visiteur se remplit, et les médias nationaux braquent leurs caméras sur le Béarn. C’est une vitrine pour les joueurs, pour les sponsors, pour le centre de formation. Un bon parcours en Coupe, c’est aussi un argument quand on négocie un accord de prêt ou une option d’achat avec un club de Ligue 1.

Conséquence : le Pau FC prépare ces matchs différemment. On ne fait pas tourner l’effectif aussi massivement que l’ASEE pourrait le faire. On aligne ce qu’on a de mieux. Parce qu’un huitième de finale contre l’OM ou le PSG, c’est le genre de soirée qui paie une partie de la saison en une seule recette.

!Vue du Nouste Camp pleine lors d’un match de Coupe de France

Le calendrier, cet allié qui peut devenir un piège

La Coupe de France a son propre rythme, et celui-ci percute souvent des périodes chargées en championnat. Pour un club de Ligue 2 qui joue le maintien, comme Pau, enchaîner un match de Coupe le mercredi après un déplacement à Laval le samedi, c’est l’assurance d’un effectif entamé.

Le calendrier de la Coupe de France est impitoyable : les 32es début janvier, puis les tours s’enchaînent toutes les trois semaines environ. Si on y ajoute la reprise après la trêve, on comprend vite que la gestion physique devient aussi importante que le plan de jeu. C’est là que l’ASEE, avec un groupe plus étoffé, devrait avoir l’avantage. Mais dans les faits, la rotation est parfois si poussée qu’elle casse les automatismes, ce qui explique certaines éliminations surprises.

Pour Pau, la stratégie est plus simple : on tient le onze type aussi longtemps que possible, quitte à serrer les dents en championnat le week-end suivant. Une approche risquée, mais cohérente avec l’idée que la Coupe n’est pas une compétition annexe.

Et si les deux clubs se recroisaient en 2026 ?

Supposons que le tirage des prochains tours mette Pau et l’ASEE face à face. Plusieurs choses changeraient par rapport à 2020. Déjà, Pau est désormais une équipe de Ligue 2 établie, pas le petit poucet du National. L’effet de surprise n’existerait plus: l’ASEE saurait à quoi s’attendre et viendrait avec une équipe compétitive.

Ensuite, les dynamiques sont différentes. L’ASEE, en Ligue 1, doit gérer un effectif plus large mais aussi une pression externe bien plus forte de la part de ses supporters et des médias nationaux. Pau, de son côté, aborde ce type de match avec une forme d’insouciance calculée : on se dit qu’on n’a rien à perdre, même si en interne, on sait pertinemment que le match vaut de l’or.

Le choc serait aussi un duel de styles. Le Pau FC, sous son entraîneur actuel, pratique un football direct, porté sur les transitions rapides. L’ASEE, plus joueuse, cherche la possession. Sur une pelouse rendue grasse par l’hiver béarnais, le rapport de force peut vite s’équilibrer.

On n’en est pas encore là. Mais ce qui est certain, c’est que les supporters palois, eux, y pensent déjà. Et ça en dit long sur l’attente que la Coupe génère dans la région.

Ce que la Coupe de France apporte vraiment au football amateur

!A worn leather football resting on a patch of natural grass, with a faded red-and-white corner flag behind, soft afterno

Au-delà du cas Pau-ASEE, la Coupe de France reste la compétition la plus démocratique du football français. Elle met sur le même terrain un club de National 3 et une formation de Ligue 1. Elle offre aux joueurs amateurs une exposition qu’ils n’auront jamais ailleurs, et aux petits clubs des recettes de billetterie qui tiennent parfois tout un exercice.

Pour le football amateur, ces matchs sont la preuve que la pyramide fonctionne encore. Quand on voit un club de district pousser un pensionnaire de Ligue 2 aux tirs au but, on se rappelle pourquoi on aime ce sport. Les Palois sont les premiers à le savoir : ils étaient à cette place il y a dix ans à peine, quand le club évoluait encore en CFA et rêvait de goûter à l’éclairage des projecteurs.

C’est pour ça qu’un Pau-ASEE aurait une saveur particulière. Pas seulement pour la revanche ou l’histoire. Parce que ce genre d’affiche, un dimanche après-midi au Nouste Camp, rappelle que la Coupe de France reste le dernier endroit où un club de Ligue 2 peut faire la une de L’Équipe sans avoir vendu son âme au mercato.

Questions fréquentes

L’ASSE a-t-elle déjà remporté la Coupe de France ?

Oui, six fois. Le dernier titre remonte à 1977. Depuis, le club a atteint la finale en 1981 et 2020 (perdue contre le PSG). Cette disette pèse dans l’inconscient stéphanois et explique pourquoi chaque élimination précoce est vécue comme un échec.

Le Pau FC peut-il rêver d’un parcours similaire à 2020 ?

La structure est plus professionnelle aujourd’hui, mais le niveau de la Ligue 2 est homogène. Aller loin en Coupe demande un tirage favorable et de la réussite dans les moments clés. Ce n’est pas impossible, mais le club ne planifie pas sa saison autour de cet objectif.

Quel est le prochain tour après les 32es de finale ?

Les 16es de finale, programmés fin janvier. Le calendrier de la Coupe de France détaille toutes les dates jusqu’à la finale. Pour l’ASEE comme pour Pau, passer ce tour signifie entrer dans une phase où les clubs de Ligue 1 commencent à aligner leurs meilleurs éléments.

Où suivre les matchs de Coupe quand on est supporter du Pau FC ?

La plupart des rencontres sont diffusées sur les chaînes du groupe France TV et Eurosport. Pour ceux qui ne peuvent pas être au stade, il existe des solutions de foot streaming gratuit légales via les plateformes des diffuseurs officiels. Renseignez-vous également sur la billetterie au Nouste Camp, qui ouvre généralement une semaine avant le match.

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